Loi HPST
Assisterons-nous
aux mercredis de la (pré) histoire ?
Depuis les États Généraux de l’Organisation de la Santé, les médecins de demain sont très attentifs à la traduction législative de leurs aspirations. Celles-ci ne représentent pas moins que la réorganisation du système de santé et la réponse au défi de la démographie médicale.
A travers la loi HPST c'est toute la revalorisation d'une profession, mais aussi les évolutions indispensables de l’exercice et des politiques de santé régionales qui sont en jeu.
Le projet de loi initial, centré sur l’organisationnel et les réalités de terrain, suscitait l’adhésion des internes de médecine générale. Il leur était alors permis de se projeter dans ce système et de s’y impliquer.
Malheureusement, ce texte initial semble bien mal parti.
Il est vrai qu'il sera sans doute plus efficace de répartir la gestion du risque entre plusieurs instances, à différents niveaux, plus cohérent aussi, en matière de politique de santé territoriale de dissocier l’organisationnel du financier. Pourquoi faire simple !
Des actions nationales pour organiser les soins, sur le terrain, au regard des besoins spécifiques d’une population ? Quelle innovation !
Mais quel est donc l’objectif visé ? Epuiser toutes les bonnes volontés ?
Il s’agit d’une réforme du système de soins et non d’une vente aux enchères de morceaux de pouvoir !
En un amendement du titre IV, ce sont tous les éléments relatifs à l’organisation du système de soins ambulatoire qui perdent sens et s’effritent. Le guichet unique, les projets de regroupement pluridisciplinaire, les coopérations, les politiques de santé publique… Mais comment peut-on rêver leur développement si le champ organisationnel n’est pas dévolu aux ARS ? Que resterait-t-il de la modernisation du système de soins de demain ?
Les futurs médecins généralistes le répètent : l’organisation est source d’attractivité. C’est à cette condition que l’on pourra prétendre répondre à la problématique de la démographie médicale.
Quant à la rénovation du champ conventionnel, là aussi les choses avancent… à reculons. Pourquoi tenir compte des spécificités de chaque discipline, pour répondre au mieux à leurs problématiques propres, quand on peut mélanger chèvres et choux autour d’une même table ?
« Reculer pour mieux sauter, encore », deviendrait-il la devise en matière de politique de santé ? Ces tergiversations ne font rire personne.
Conformément à la décision adoptée par l’Assemblée Générale Extraordinaire du 18 mai, l’ISNAR-IMG se tient prête à déposer un préavis de grève si la Haute Assemblée modifiait le texte de telle sorte que la nouvelle génération n’y trouve plus les moyens de s’organiser pour assurer un égal accès à des soins de qualité.
Les médecins de demain pourraient bien eux aussi aller battre le pavé, mais POUR DEFENDRE LE PROJET DE LOI INITIAL.
Pour le Bureau de l’ISNAR-IMG,
Bastien BALOUET, Porte Parole.